mercredi 23 mars 2011

Woody Allen à la Manhatt-ernelle



On pourra dire ce qu'on voudra de Woody Allen :

- Que la cuvée de cette année est moins bonne que celle de l'an passé. (Et de fait, je me suis endormi pendant son dernier film tandis que j'avais bien aimé "Vicky, Cristina, Barcelona" et "Match Point").

- Que son meilleur film est "Manhattan" ou "Annie Hall", non, plutôt "Interiors", sa période bergmanienne selon les goûts et/ou les snobismes (grâce à un ami qui préparait un mémoire sur lui, j'ai pu voir une trentaine de ses films en deux semaines.)

- Les bonnes âmes pourraient ajouter que c'est un infâme personnage de s'être marié avec sa fille adoptive (rappelez-moi le nom de celui qui jette la première pierre ?)

- Ou qu'il n'a jamais tourné avec Liz Taylor...


Mais on ne pourra jamais lui retirer son humour et sa lucidité quant à la manière dont tourne -parfois en rond, parfois en boule- la société américaine.

Dans son recueil de nouvelles "L'erreur est humaine" (2007), la première histoire raconte la déchéance de parents dont le fils a été refusé à une maternelle d'élite. Le trait dépeint, au scalpel, la honte sociale du couple de cadres supérieurs. Ils finissent en asile de jour, à la rue. Anéantis. Impuissants. Des losers.


Il s'est peut-être inspiré de cette mère qui a payé 19 000 dollars annuels pour la maternelle de sa fille unique (jusque-là, rien que de très normal aux USA) mais qui a poursuivi cette école en justice afin de se faire rembourser la somme d'argent.

Motif : selon elle, ce n'était pas une école mais un "gigantesque terrain de jeux" pour sa petite fille de quatre ans. Quelle horreur ! Au lieu de la faire travailler ses tests d'admission pour la meilleure école élémentaire de Manhattan, les maîtresses lui apprenaient les formes et les couleurs.

"Il y a une pression incroyable pour choisir la bonne école maternelle", a-t-elle plaidé devant le tribunal. "Tout le monde sait qu'à Manhattan, c'est la compétition permanente".

Caricatural ? Je vous l'accorde.

Mais que penser des stickers ornant le coffre des voitures : "je suis un parent fier d'un élève de l'école.... (généralement un établissement coté)..." ou "je suis un parent fier d'un enfant précoce ?" Ils sont légion dans la région.


Et la liste des "films préférés de Woody Allen"
- Manhattan (ah, cette photo du couple, sur un banc devant un pont).
- Annie Hall (ah, Diane Keaton courant, cheveux mouillés, dans Central Park...)

(Maintenant, à vous de jouer)

7 commentaires:

ariana lamento a dit…

pareil (pour les films de Woody, la premiere pierre...)

Homéo a dit…

En exclusivité pour le petit Yibus illustré je tiens à informer l'ensemble des expat' et autres lecteurs de ce blog que je suis FIERE d'avoir trouvé un job en France .... quoi ça n'a rien à voir avec le billet ?!
Ben si MOI je trouve que de parler de MOI sur un post dont le sujet est Woody Allen ça à de la gueule !

Je te @ .... dès que j'ai 5 minutes (je commence lundi.)

Yibus a dit…

@ Ariana : tu parles de la distinction "bons films" et "moins bons films" ?

@ Homéo : félicitations sincères et chaleureuses... Le président Sarkozy peut être fier de toi.

nathinphoenix a dit…

Reponse du berger a la bergere, sur les bumpers de l'Arizona : My chihuahua is smarter than your honor student... (mon chihuahua est plus intelligent que votre etudiant honore)
Oui ca vole tres tres haut !
Bisous de Nath

@ Homeo : Bravo m'dame... un p'tit dernier billet pour dire en quoi ca consiste ? Bises d'Arizona.

helen. a dit…

bRAVO hOMEO , je passais ton blog qui s'est arreté .
Yibus, cette course à la MathSup me fait frémir... EN meme temps tout commence au moment de la conception chez ces gens qui fabriquent des betes à concours!
Moi j'appelle cela le marché de l'angoisse!
Et sinon MatchPoint, j'adore !

C'est Alice ! a dit…

Moi je dis Vicky Cristina Barcelona ... paske c'est le seul que j'ai vu ... même pas honte ...
Nan mais Allen ou pas, j'ai bien aimé ce film :)

lapuce a dit…

La Rose Pourpre du Caire
Melinda et Melinda

Je sens comme un écho à mon article sur Tom Otterness, l'évocation de Woody et sa fille adoptive ... tu vois, pas le même univers de "perversité" pour moi, beaucoup moins grave du côté de chez Woody ... C'est grave docteur?