jeudi 22 avril 2010

Deux hommes (jour 13)


La route côtière
qui longe le Pacifique de Monterey à San Simeon est une merveille de beauté rageuse. Pendant 90 kilomètres et près de deux heures de virages, nous avons filé sur un paysage à flanc de falaise pour honorer à temps nos visites à deux personnages hors du commun.



Notre premier rendez-vous
était avec Henry Miller, l'écrivain favori de ma post-adolescence. Il a vécu pendant une trentaine d'années à Big Sur, un des coins les plus sauvages de la côte. Pas de musée dédié à son oeuvre, lui qui fut l'écrivain scandaleux du vingtième siècle aux Etats-Unis, dont -presque- tous les livres ont été interdits pour pornographie.


Non, simplement une librairie, une cabane en bois où tous ses ouvrages sont présentés sur une trentaine de mètres carrés. Ainsi que d'autres livres des auteurs qu'il estimait, car l'écrivain était aussi un grand lecteur et un grand admirateur.



Les lieux respirent la bohème tranquille et la vivace autodérision de celui qui fut un inspirateur de la révolution sexuelle, qui avait vécu dans les années 30 à Paris et dont les cendres ont été répandues sur Big Sur.



La seconde visite
de la journée nous a mené au Hearst Castle, le rêve fou de William Hearst. Ce magnat de la presse tabloïd des années 30, passionné d'art, a voulu tout réunir dans un seul domaine à sa démesure. Il fera construire, pendant quinze ans, un château de plus de 100 pièces sur une colline qui domine la côte.




L'homme était richissime et glouton en art. Il se dit que dans les années 30, il a acheté un quart des oeuvres d'art vendues dans le monde.




Son objectif n'était pas de faire ressemblant ou de présenter ses plus belles oeuvres mais que sa demeure frappe les esprits de ceux qui y étaient invités. Il mélange tout, les inspirations espagnoles mauresques, romaines, grecques...


Il pendra des tapisseries françaises du 16ème siècle en veux-tu en voilà, fera de portes ornées de saints d'anciennes églises espagnoles le plafond de sa salle à manger...


... Où dîneront Charlie Chaplin, Clark Gable, Winston Churchill sur fond de musique cow-boy.

Ce monsieur Hearst est très connu au cinéma. C'est le "Citizen Kane" d'Orson Welles. Dans le film, le palais de tous les excès s'appelle Xanadu. (A suivre).

3 commentaires:

Woodchuck a dit…

Belle aventure ! On vous suit a la trace. A bientot

nathinphoenix a dit…

Il y a beaucoup de "maisons" comme ca. Je pense a la villa Vizcaya a Miami...

Ca me fait beaucoup rire !

Bonne fin de voyage...

Yibus a dit…

Woodchuck : ouaip, on vous racontera ça, l'Ouest c'est bien.

Nath : Ah, la villa Vizcaya, visitée lors du voyage en Floride en février 2009. Quel rêve !
Cela me fait penser aussi à la maison d'Isabelle Gardner Stewart à Boston transformée en un magnifique musée consacré à l'art européen du moyen-age à nos jours.