vendredi 4 décembre 2009

Small is beautiful


« Je vous le dis, il est plus aisé pour un chameau d'entrer dans le chas d'une aiguille, que pour un riche d'entrer dans le royaume de Dieu. » (Évangile selon saint Matthieu, XIX, 24)

Willard Wigan a pris cette parole d'évangile au pied de la lettre. Il a sculpté neuf chameaux dans ce minuscule espace.

Comment fait-il ? Patientez un peu, le pourquoi est aussi (sinon plus) intéressant que le comment. Le Washington Post d'hier racontait la vie de cet Anglais pas banal.

Un jour de classe, sa maîtresse lui pose une question. Il bafouille, ne sait que répondre. Il a sept ans, il est dyslexique. Elle lui demande alors de venir sur l'estrade, près d'elle et lui lance devant ses copains : "tu es un nul, rien, un moins que rien. Tu ne réussiras jamais".

Fort de cet encouragement, il se réfugie dans ses rêveries et découvre, peu de temps après, une colonne de fourmis dans sa maison. Il décide de leur fabriquer une demeure. Sa mère l'encourage à leur faire des cabanes de plus en plus petites.

Et c'est ainsi que naquit la vocation de cet athlète d'une trentaine d'années, très timide, qui a vendu ses sculptures aux grands du Royaume d'Angleterre (Le prince Charles, Elton John).

Sa technique, surprenante, utilise un microscope très puissant, des pointes de diamants pour sculpter et des poils d'ailes de mouches comme pinceau à colorier. Et pour ne pas bouger lorsqu'il travaille, il s'est entraîné à des techniques de relaxation similaires à celles des plongeurs en apnée. Il dit ainsi qu'il essaie de sculpter entre deux battements de coeur.


Dans le même genre d'artisanat de l'infime, nous avons vu des personnages sculptés sur la mine graphite de crayons au Visionary art museum de Baltimore (un musée d'art brut à visiter absolument avec les enfants tant ce qui est présenté est déconcertant. Sa boutique est la plus ébouriffante de la création).

Ce que font ces artisans (artistes ?) japonais à partir de crayons de papier n'est pas ridicule non plus.


La chanson du jour est entonnée par la troupe bohémienne du Muppet Show.


Et la liste des "choses à faire avec des crayons de papier"
- Les mâchouiller (de 7 à 12 ans, ça a un excellent goût).
- Les transformer en queues de billard pour jouer aux billes sur la moquette de la chambre (de 10 à 11 ans).
- Gribouiller des dessins automatiques en parlant au téléphone.

(Maintenant, à vous de jouer)

8 commentaires:

Montana a dit…

Le look le plus "sexy" avec un crayon à papier, le mettre sur l'oreille :)=)

Homéo a dit…

Le faire tourner sur son pouce !!!! Ça m'agace ....

Etonnantes ces sculptures :)

C'est Alice ! a dit…

"Sculpter entre 2 battements de coeur" ... c'est terriblement poétique :) J'adore, vraiment.

Avec un crayon de papier, on joue aux espions en noircissant une feuille sur un bloc pour révéler ce qui a été écrit sur la feuille précédente, héhé !

nathinphoenix a dit…

ouh la ! tu cherches la petite bete...

Yibus a dit…

@ Montana : et je sers quoi avec ces cotes d'agneau m'sieur Montana ? (mon boucher, le 15 septembre 1983)

@ Homéo : j'ai toujours éprouvé quelque secrête admiration pour ceux qui y arrivaient (mes doigts sont gourds).

@ C'est Alice : pas mal, même sans encre sympathique...

@ Nath : toujours, toujours (c'est mon gros défaut, comme la poutre).

la Mère Castor a dit…

Un pinceau en poils de mouche. Un rêve.

Yibus a dit…

@ la mère Castor : oui, ce serait un joli poème si ce n'était vrai.

plumevive a dit…

wouaouh, sacré technique ce petit anglais !

un crayon de papier, ici, est fait pour être perdu : on en trouve quinze en déplaçant les meubles !