dimanche 25 octobre 2009

Quelques Américains illustres (dans les Berkshires)


En une journée,
nous avons embrassé 100 ans de l'histoire américaine. Tout simplement le vingtième siècle, la littérature, la peinture et le sport. Il suffit pour cela de se rendre dans les Berkshires, au nord de New York, non loin de la vallée de l'Hudson.

A un jet de livre de Hartford (et de la maison de Mark Twain, visitée voici un an et demi, déjà), nous avons découvert la demeure d'Edith Wharton (1862-1937). Bâtie en 1902 sur les plans conçues par la romancière, passionnée d'architecture, "The Mount" compte 35 pièces... Vue depuis les jardins, elle est impressionnante.


De l'intérieur, un peu moins car, vendue en 1911, elle servira ensuite d'école pour jeunes filles, avant de tomber dans l'oubli dans les années 70 et 80. Au début des années 2000, elle deviendra brièvement la résidence d'une troupe de théâtre. Lorsqu'une association se crée en 2003 pour lui redonner son lustre, la maison est en piteux état. On pare au plus urgent. L'extérieur est consolidé... L'argent commence à manquer... Les pièces de réception sont réaménagées...




On arrive à refaire les parquets... Mais les finances sont au plus bas... On en est là aujourd'hui de la résidence d'une des plus importantes femmes américaines de la première moitié du vingtième siècle. Première femme à remporter le prix Pulitzer, en 1921, pour "Le temps de l'innocence", première femme à devenir doctor honoris causa de l'université de Yale en 1923, elle est partie s'installer en France dès 1907. Son rôle dans l'aide aux blessés durant la première guerre mondiale sera reconnu. A sa mort, en 1937, elle laisse une oeuvre importante : 40 livres en 40 ans.


Elle reconnaissait honnêtement, à la fin de sa vie, s'être laissée convaincre de poser pour la photo à son bureau bien qu'elle écrivît la plupart du temps dans son lit où elle demeurait toute la matinée.

A quelques dizaines de kilomètres seulement, c'est un autre monde qui se dévoile : l'oeuvre de Norman Rockwell (1894-1978), un des peintres américains les plus appréciés. Surtout connu pour son travail d'illustrateur, il a réalisé plus de 300 couvertures du "Saturday evening post" jusqu'en 1960. Doté d'un style hyperréaliste, il raconte des morceaux de vie de l'Amérique moyenne. Le musée qui lui est consacré à Stockbridge a aussi réjoui les enfants. Le grand l'appelle "le peintre ironique", je dirais qu'il dessine avec bienveillance la société des années 40 et 50. Mon beau-père, grand fan d'Eddy Mitchell devant l'éternel, aurait apprécié.



Mon tableau préféré est une série de dessins de cheerleaders durant un match de football américain. Les gestes exagérés de la jeune fille avec ces petits bonshommes qui semblent lui courir sur le corps m'ont ramené à Gulliver, à une femme géante, à l'homme minuscule d'Almodovar ("Parle avec elle") qui rentre dans la femme.
J'aime bien aussi ces grands gamins qui doivent âprement discuter de la composition des équipes.
Ils devaient porter des maillots reprisés comme celui-là.


Et des chaussures mal lacées...


Pas celles-ci (d'accord, j'ai une toute petite main mais le spécimen chausse du 52, c'est Shaquille O'Neal, qui mesure 2m10)...


Ces memorabilia, dont sont grands amateurs les Américains, se trouvent au basket-ball Hall of fame, situé à Springfield, Massachusetts. Une espèce d'écran Imax collé à une bretelle d'autoroute avec une petite sphère en haut d'un totem.



Au sein de ce panthéon des héros nationaux de la balle au panier (jeu inventé en 1895 par le docteur Naismith), on trouve le plus illustre d'entre eux, intronisé voici deux mois.


Michael Jordan
(1984-2003 pour sa carrière professionnelle), ce sont des trophées, des titres, la gloire, le travail, le talent, la souplesse et le charisme, mais aussi le triomphe du marketing sportif. Il y avait l'ours de la MGM pour le cinéma dans les années 50, il y a Nike et MJ à partir des années 80. Quiconque ne connaît pas le basket connaît pourtant Jordan. Regardez comme il danse bien.



Après ce siècle d'histoire américaine en raccourci, nous nous en allons baguenauder ces deux prochains jours sur les rives de l'Hudson.


La chanson du jour : "Edith Wharton's figurines" par Suzanne Vega.



Et la liste des "sportifs qui ont marqué leur époque"
- Johnny Weismuller (nageur acteur)
- André Lacoste (tennisman surnommé "le crocodile")
- Zoé Budd (coureuse pieds nus)

(Maintenant, à vous de jouer)

7 commentaires:

Montana a dit…

Mmmmh ! Magnifique billet avec des "trucs" que j'adore comme Norman Rockwell dont je suis fan. Juste une chose, quand tu dis le grand, tu parles bien de l'aîné de tes enfants ? J'ignore son âge mais il doit être suffisamment mature pour dire que Rockwell était ironique.

Je plussoie pour Shaquille O'Neal pour avoir comparé la taille de ma main avec l'empreinte de la sienne dans le magasin de la NBA à NYC.

plumevive a dit…

tout pareil, j'aime bien quand il y a tout plein de "trucs"... cette maison est tout simplement magnifique !

et sinon... j'ai vu la main de Yibus ! jai vu la main de Yibus ! (saute dans tous les sens)

bon, bref.

Pelé ! Maradonna ! Schumacher ! (pétard, comment ça s'écrit ?!)

Flo a dit…

Merci pour cette visite guidee d'une region dans laquelle j'ai vecu pendant quelques annees, mais plutot du cote de chez Emily Dickinson. Merci aussi pour Suzanne Vega que j'aime ecouter depuis longtemps. Son 1er album etait extra.

mariewolfrom a dit…

Et dire que je te croyais en panne d'inspiration... je vois que ta plume court toujours, deux ans après votre installation. Chapeau bas ! J'espère tenir la distance moi aussi. Mais comment fais-tu pour mettre toutes ces vidéos sur ton blog ? Allez soit bon partage tes petits secrets techniques avec la néophyte !

Yibus a dit…

@ Montana : il a dix ans, l'aîné... Et c'est vrai que s'il y a une mot qu'il apprécie, c'est bien ironique.
Quand à Shaquille, il n'est pas ironique, il est iconique.

@ Plume vive : eh, eh, tant que ce n'est pas la main jaune.
Schumacher, je crois que c'est la bonne orthographe (ASSASSIN).

@ Flo : je vais aller voir du côté de chez Emily (et Suzanne me rappelle de bons souvenirs, pas écoutée depuis le début des études, soit 20 ans, 'tain 20 ans...).

@ Marie : alors, pour la vidéo, je sais comment ça marche sur Blogger uniquement. Pas sur wordpress. Tu importes la vidéo sur ton blog, puis tu vas chercher le code html en appuyant sur le signet html, tu le copies et tu le colles dans ton message...

plumevive a dit…

assassin !?! pourquoi assassin ?

bob a dit…

@ plume vive ; oups, je croyais que tu parlais du gardien, obsédé que j'étais par 1982... en oubliant le pilote... Argh, grossière erreur.