mercredi 23 septembre 2009

Peau-rouge de honte


C'est une affaire
qui s'éternise depuis 17 ans à Washington DC. Une histoire de nom, de mascotte, de respect et de gros sous, peut-être bien.

A ma gauche, une amérindienne (native-américaine, dit-on ici). A ma droite, le club des Washington Redskins, l'équipe locale de football américain.

En 1992, miss Harjo dépose plainte contre le club pour qu'il change de nom. Elle juge que celui-ci (redskin = peau-rouge) n'est pas respectueux pour son peuple. La plainte est laissée de côté et enfin instruite en 1998. De tribunal en tribunal, de preuve en contre-preuve, l'affaire arrive à la Cour Suprême qui doit statuer cette année.

De part et d'autre,
l'argumentaire est rodé.
- En portant des noms amérindiens, nous vous honorons, nous honorons les valeurs de courage et de dignité de vos ancêtres, dit le club.
- Non, vous ne nous honorez pas quand vous portez ce nom qui désignait nos ancêtres humiliés. C'est un stéréotype de plus contre nos peuples, réplique miss Harjo.
- Fermez-la, conclut le club.
Et ça a marché. Jusqu'ici.

Mais le combat des Indiens, engagé depuis les années 70, remporte des succès. A cette époque, il y avait plus de 3000 références amérindiennes dans le pays (noms de clubs de sport, de collèges, d'écoles, mascottes). Aujourd'hui, il y en aurait moins de 1000 dont celui des Indians, l'équipe de baseball de Cleveland.


Trop politiquement correct ? Il s'agit de respect, de refuser de se laisser réduire à des stéréotypes, à des gamins (et des adultes) qui, dans les tribunes, se peignent en rouge et font des "woo-woo" à longueur de match. (Quand on vous a volé vos terres, il vous reste cela).

Accessoirement
, si la Cour Suprême donne raison aux plaignants, le propriétaire du club devra leur verser des royalties sur chaque produit vendu.

Mais comme souvent, tout n'est pas blanc ou noir (ou rouge). Dans un sondage effectué en 2002 par Sport illustrated auprès des amérindiens, 83% d'entre eux ne trouvaient pas du tout offensant l'utilisation de noms ou de mascottes indiennes.

En images, allons sur le terrain de l'équipe universitaire de Floride, les bien (ou mal) nommés "Séminoles" où sa mascotte, le Chef Osceola, fait une apparition avant chaque match... Comme le dit le présentateur (ému) en fin de vidéo : "Ce n'est pas un match, c'est un festival".


La chanson du jour : une fois n'est pas coutume (indienne), elle est piochée dans un dessin animé.


Et la liste des " westerns aimés".
- Les sept mercenaires (surtout Lee Van Cleef, sombre moustachu)
- Pour une poignée de dollars (et tous les western spaghetti avec Eastwood)
- Fort Alamo (Il est fort Alamo, ce chanteur bien coiffé et jamais has been)

(Maintenant, à vous de jouer)

11 commentaires:

Lilly a dit…

ouais notre chef wahoo a aussi fait parler pas mal de lui...

Mary a dit…

Ah ces seminoles, eux ont le sens des affaires! Ils se battent a armes egales!

nathinphoenix a dit…

L'ecole des enfants s'apelle Pima, du nom de la tribu du centre de la ville. Il y a 29 nations "natives" en Arizona, et ils se mettent a tres tres bien gerer les interets financiers.

Puisque tu aimes les westerns, rdv a old town tucson, le studio de cinema ou furent tournes deux des films que tu cites... Bises de la tente d'indien !

ariana lamento a dit…

on n'avait pas déjà cité Yakari?

C'est Alice ! a dit…

Moi j'aime pas trop les westerns.

Pour les indiens, tout comme Ariana, je suis plutôt YAKARI
(http://www.youtube.com/watch?v=rBQtCC1czjo)

plumevive a dit…

Ce dessin animé est une pure merveille...

Moi, j'ai bien aimé, Wyatt Earp et mort ou vif, puisque tu as cité les plus anciens (aimés de tous)

Llyn a dit…

J'adore les westerns, même les séries B. Je collectionne les dvd à ne plus savoir où les ranger... Ceux que tu cites font partie de ceux que j'aime, avec une mention spéciale à Appaloosa, parce que Ed Harris a vraiment réalisé le meilleur western après Impitoyable de Clint le Magnifique.
(je me censure toute seule, sinon, je te fais un commentaire trois fois plus long que ta note, et ça va être pénible *rires*)

Homéo a dit…

c'est qu'une histoire de gros sioux non ?

Les westerns auhh les sergio léone ...

Yibus a dit…

@ Lilly ; j'ai appris ça... Mis qu'en penser ?

@ Mary : et ça pête le feu, en effet !

@ Nath : hum hum, l'Arizona, c'est dans deux étés, cette histoire-là...

@ Ariana : oh que si, mais je me rappelle plus quand (allez, au doigt mouillé, il y a six mois).

@ C'est Alice : et dire que je l'ai découvert sur le tard, à 29 ans (un album offert pour un plein dans une station service, je sais, c'est classe).

@ Plumevive : pas vu (Wyatt Earp) mais Spirit, adoré également.

@ Llyn : merci pour l'info, je retiens.

@ Homéo : excellent, je vois que la pluie fine d'Atlanta te réussit !

Woodchuck a dit…

Vu leur palmares ces dernieres annees et leur debut de saison chaotique, les Red Skins disparaitront tous seuls !
Go Go Ravens !

Yibus a dit…

@ woodchuck : je lisais ce matin un papier de la page sports du Washington Post qui disait en substance ceci : "ce n'est ni la faute de l'entraîneur ni des joueurs quand on a le propriétaire des Redskins"... Il doit y avoir comme une malédiction (indienne ?) sur le club.

Quant à cet appel à la victoire des joueurs de Baltimore, me semble que ça pourrait bien être leur année, aux corbeaux.