mardi 22 septembre 2009

Coeur de biker


Ce devait être
un week-end paisible à Ocean City, grosse ville balnéaire du Maryland, alanguie à 3 h de route de Washington. Une promesse faite l'hiver dernier aux enfants : "on va faire du mini-golf".

Hors saison estivale, il y aurait moins de monde. Nous avions réservé l'hôtel il y a deux mois, on ne sait jamais. Pour sûr, nous étions ignorants du drame qui allait se jouer.

Arrivés à proximité de la ville -une bande de béton coincée entre plage et mini-golfs-, on a vu quelques motos aller et venir. comme un week-end normal, quand le soleil doit rutiler sur les chromes des deux roues. Avec son cortège de cuirs estampillés Harley-Davidson, ses couleurs pétantes et surtout le vrombissement progressif des machines avant le passage au feu vert.


Quand, à l'entrée de l'avenue principale (15km de long), le défilé s'est fait plus dense, j'ai compris que l'inhabituel s'était invité à ce week-end.


Peu de voitures. Au bord de la rue, les seuls piétons étaient des hommes et femmes habillées de tongs et de tee-shirts, recouverts de cuirs, d'écussons. Pas de jupe à l'horizon. Pas la clientèle balnéaire. Des barbes aussi, de toutes sortes.

Le bruit était assourdissant, les motos passaient en groupes ou à la queue-leu-leu. Avec des couvre-chefs pour signaler son clan.


Et toujours ces brusques accélérations qui me ramenaient à un reportage sur Arte où un troupeau de lions se battaient pour les faveurs de la dernière femelle de la savane. Sur le trottoir qui tremblait, je sentais mes organes se recroqueviller.

Que dire du week-end ? A peine sorti de la voiture, on s'est réfugié sur la plage, il faisait très beau et chaud, on a vu de belles méduses échouées, on a fait trois parties de mini-golfs, les enfants étaient enchantés et tout ce temps-là, le tonnerre permanent signalait la présence des engins.

Je découvris qu'il s'agissait de la neuvième édition de la "bike week" du Delmarva (pour Delaware-Maryland et Virginie) et qu'il y avait plus de 100 000 bikers sillonnant la ville pendant quatre jours.


Les hôtels étaient remplis à ras-bord. Eux aussi étaient de la fête.


Au menu des festivités, des danses folkloriques, un mur de la mort de ce genre ou un concours de bikinis (avec des demoiselles dedans).

Manquait l'élection du plus gros pneu.


Et tout ce petit monde est accueilli à bras ouverts par les commerçants qui réalisent leur plus gros week-end de l'année en chiffre d'affaires.

La nuit, en traînant du côté des bars, on peut observer un étrange rituel. Des hommes font faire des "burnout" (brûler la gomme des pneumatiques) à des jeunes femmes, blondes de préférence. (Les dix dernières secondes de l'adoubement résument le week-end... Bruit, sex and fun).


La chanson du jour : évidemment.


La liste des "conclusions de ce wek-end homérique"
- Aucun débordement alcoolique à signaler (il y a eu un mort par accident).
- Les bikers ne se mélangent pas avec les amoureux des motos de course.
- Il n'y avait que des blancs à Ocean City. Les noirs ont leur propre bike week.

(Maintenant, à vous de jouer)

6 commentaires:

Arty a dit…

ça alors !
Mon dernier billet a le même thème !
J'ai bien aimé la cool-attitude des bikers américains. Ils sont en général assez calmes et sympa je trouve ! Et bien que je ne sois pas particulièrement fan de motos je trouve leurs engins assez impressionnants et toujours rutilants.

plumevive a dit…

il faut toujours appeler l'office du tourisme local avant de se déplacer ... ;-)

C'est Alice ! a dit…

Y a qu'un week end "biker" dans l'année, et il est pile pour toi !! T'es trop fort :)
Cà a du plaire aux enfants non ?

Llyn a dit…

*bave devant les photos de motos*

(oui, c'est tout. Je ne peux pas m'extasier et écrire des choses intelligentes.)

Homéo a dit…

Pourquoi tu ne nous as pas mis de jolies photos de blondes qui jouent au mini golf au milieu des immeubles en béton ?

Yibus a dit…

@ Arty : ooh que oui, les chromes étaient nickel, les pots d'échappement parés au départ et les garçons et filles et couples tranquilles...

@ Plume vive : oui mais que serait cette rude vie sans surprise (je ne m'occupe déjà pas de la météo au quotidien...).

@ C'est alice : disons que ça ne les a pas du tout déconcentré pour le mini-golf.

@ llyn : si j'aurais su, j'aurais pris encore plus davantage de photos (et une mare se forme dans le studio de Llyn).

@ Homéo : C'est vrai ça... tout simplement, parce qu'il n'y en avait point. Ô si, je me rappelle, je me souviens, mais son acolyte avait plutôt l'air d'un Marine...