lundi 11 février 2008

Vote révolutionnaire

Je suis un révolutionnaire. Un pur, un dur, un vrai, jambes écartées, face au vent. Ma révolte, vous pouvez la lire, gravée en lettres de feu (euh… plutôt, en lettres bleues) sur ma plaque d’immatriculation. Oui, monsieur ! Farpaitement. Mon sujet d'indignation : « taxation without representation », est vissé derrière et devant ma voiture.

Bon, d’accord, j’ai eu ma plaque contre 500 dollars avec le permis local l’an dernier. Et je n’avais pas vraiment le choix. Mais ce slogan, ce cri de guerre, cette rage mal contenue, c’est quand même plus percutant que les gentils gens du Maryland qui ont sur leur plaque : « protéger notre baie de Cheseepake ».
Et je ne vous raconte même pas le slogan de la Floride : « l’Etat du soleil ». D'un ringard, de la communication à la papa, oui !

Tandis que nous... « Taxation without representation »… Ça veut dire qu’on paie des impôts alors qu’on décide même pas de leur montant. Enfin, quand je dis « on », je veux dire nos représentants. Et justement, le problème, c’est qu’on n’a pas de représentant. Aucun sénateur, juste un élu à la Chambre des représentants et il n’a pas le droit de voter. Il peut juste regarder les copains s’agiter. Vous parlez d’un job intéressant ! On dirait un eunuque dans un harem. Le pauvre, il fait peine à voir. Personne ne l’invite à la machine à café. La palme de la frustration, oui !

En fait, c’est une affaire historique. La ville de Washington est spéciale. Ce n’est pas qu’une ville, ce n’est pas un État, c’est le District of Columbia (DC). Y en a pas d’autres dans le pays. Et ce district a été placé directement sous l’autorité du Président des US. L’idée, à l’origine, c’était d’éviter une révolte ou quelque chose comme ça. Résultat, on n’a jamais eu notre mot à dire, même avant que j’arrive, il y a six mois.

Et ça, ça peut plus durer. Notre maire, le sémillant Adrian Fenty (36 ans), a voulu changer les choses, aligner la ville sur les autres Etats, l’an dernier. Peine perdue. Le Congrès a dit non.

Alors, il remet ça. Il a de la chance, parce que, demain, on vote dans le Maryland, la Virginie et à DC. Ce "Potomac tuesday," c'est une sacrée pierre ajoutée au mur d'Adrian.
D'autant que son candidat favori, Barack, a le vente en poupe dans les primaires démocrates. Alors Mayor Fenty répète sans arrêt dans ses meetings : « Allez voter ». Allez voter pour Barack, c’est sûr. Mais allez voter parce que, plus il y aura de votants, plus on pourra peser sur le Congrès pour avoir des représentants. En 2004, seulement 17% d’électeurs s’étaient déplacés. Pas bézef. En même temps, il paraît que c’était dur de voter démocrate à l’époque.

Finalement, c’est bien beau d’avoir une plaque de révolutionnaire mais si on ne vote pas, ça sert à rien du tout. Si la démocratie par le vote, c’est pas la plus belle des révolutions, ça… Moi, je dis ; « yes we can ». Pour que les générations futures honorent, grâce à ce combat,Lien la mémoire d'Adrian.

La chanson du jour : pour les amateurs de coupé-décalé, Meiway chante "Miss Lolo"

Et la liste des « gens qui me font rire et sourire dans des films » (c’est pas pareil mais c’est aussi bien)
- Michel Serrault (rire)
- Peter Sellers (sourire)
- Jacques Tati (sourire)
- Ben Stiller (rire)
- Jim Carrey (rire)
- Alain Chabat (rire)
- Jean Yanne (sourire)
- Pierre Richard (rire)
- Louis de Funès dans Rabbi Jacob (rire)
- Darry Cool (sourire)
- Daniel Prévost (rire)
- Anémone dans Viens chez moi… (rire)
- Valérie Lemercier (rire)
- Charlie Chaplin (sourire)
- Laurel & Hardy (sourire)
- Harold Lloyd (sourire)
- Les Marx Brothers (jamais vu)
(maintenant, à vous de jouer)

7 commentaires:

pyrrha-Na a dit…

et Charlie Chaplin ?

pyrrha-Na a dit…

et m****, premier comm, première boulette, bonne entrée en matière!
(cramoisie je suis)

et sinon, cool ton blog (un tantinet déjanté, j'voulais faire un jeu de mots à propos des jantes de voiture, mais vu que tu parles de plaques d'immatriculation et que je ne sais pas comment l'introduire, je m'abstiendrai...)

Sixtine a dit…

Les Monty Python (hurler de rire et hoqueter)

Sinon quand t'es debout jambes écartées face au vent fais pas pipi hein

Yibus a dit…

@ pyrrha-na : merci beaucoup pour les compliments... Si tu vas au post "un pneu crevé", tu pourras voir combien ce qui touche les voitures m'émeut (nan, je rigole, mais comme je dois prendre la guimbarde chaque jour, j'suis obligé de m'y intéresser...)
Sinon, Charlot, pas vu des masses de films du sieur, une drôle d'impression, à la fois sourire, émotion, tristesse et même des fois...rien.

@sixtine : oh gosh, yes, mais c'est bien sûr, gros oubli, énorme faille spatio-temporelle dans mon panthéon des gens drôles des films ; merci grande créatrice du Kloube6. Pour le vent, euh... on s'en tenir à "plaisir d'étudiant en goguette..."

Les Pitous a dit…

Alors Washington, c'est comme le Paris préchiraquien, interdit de maire : sous tutelle par crainte des émeutes.
On est plus tranquille en province, moi je vous le dis...

Yibus a dit…

@les pitous ;... surtout dans la Somme, à ce que j'ai lu. bienvenus les nouveaux zamis du blog-monde. J'ai aussi un amour coupable pour l'Eurovision 2000. Figure-toi que nous l'avons vécu, ce petit joyau, madame and I, dans une chambre d'hôtel à Berck-Plage ! une des plus belles soirées pluvieuses de notre vie.

Les Pitous a dit…

La Somme, on a quitté... Trop agitée ;-). On s'est dégoté un petit département encore plus rural (celui où j'ai passé mon enfance, en fait), encore plus paisible.